« Je m’appelle Hilary Kpatcha , j’ai 22 ans et je suis athlète française spécialiste du saut en longueur, mais également étudiante en DUT Gestion des Entreprises et des Administrations.
L’année dernière, j’ai été deux fois Championne de France (en hiver et en été); Championne d’Europe de ma catégorie ; J’ai participé aux Championnats du Monde seniors à Doha et mon dernier titre est celui de Championne du Monde Militaire du Saut en Longueur.
J’ai passé mon confinement chez mes parents à Saint-Jean. J’ai maintenu mon entraînement, grâce à un vélo d’appartement, un tapis roulant et des exercices donnés par mon entraîneur et mon kiné. Pendant le confinement j’ai préféré consacrer mon temps sur des exercices que je n’ai pas le temps de faire habituellement pour améliorer mes points faibles, souplesse, renforcement des muscles profonds.  J’ai pu poursuivre mes études : J’ai suivi mes cours et réalisé les partiels pendant la période de confinement. Je devais également faire un stage pour valider mon diplôme, mais cela a été annulé suite à la crise sanitaire. La gestion des cours n’a vraiment pas été facile.
En tant qu’athlète, toute notre année est mobilisée autour des compétitions importantes. Je vois cette période de confinement comme un moyen de se déconnecter du monde de la compétition, mettre le sport entre parenthèses pour passer du temps avec ma famille. Ça fait du bien ! Cette année il n’y a pas de grande compétition, je me prépare pour l’année prochain. J’ai très peu de mal à me motiver car je suis de nature compétitrice. Cependant après avoir atteint un objectif, il faut remettre en place un processus de motivation autour d’un autre objectif. En général j’arrive à me motiver lorsque je prends le temps de bien visualiser mon objectif principal individuellement et avec mon entraîneur. Une fois la visualisation faite, chaque entrainement passé représente un moyen de me rapprocher de l’objectif.
Je pense que ma famille et moi essayons de voir le bon coté des choses. On a profité du confinement pour passer du temps ensemble, car habituellement tout le monde est très occupé.J e pense que ça nous a fait du bien de « se retrouver ». Le confinement m’a réellement permis de mener une introspection sur moi même . Cette année avait très mal débuté pour moi, j’avais beaucoup de pression et je n’arrivais pas à prendre du plaisir dans ce que je faisais car j’étais obnubilée par l’envie de réussir. La peur de l’échec me rongeait de l’intérieur.
Grâce au confinement, je me suis aperçue que j’avais oublié une de mes principales philosophies de vie :  Vivre sa vie pleinement, faire ce qu’on aime et profiter de ceux qu’on aime.
                 » J’ai réussi certains de mes objectifs car je prenais du plaisir à travailler … »