Cette année, le thème de notre pèlerinage à Lourdes est  «  Tout ce qu’il vous dira, faites-le ».
Cette phrase se trouve dans l’évangile de Jean dans le récit des noces de Cana. C’est un texte qui nous est connu, qui nous semble familier, mais tellement riche.
Les noces de Cana
On est dans un contexte de fête, lors d’un mariage où Jésus est invité. Marie est présente ainsi que les disciples de Jésus. À un vin ordinaire et insuffisant succède un vin surabondant et de grande qualité. Cette transformation se fait « le troisième jour » cequi évoque peut être le jour de la résurrection.
Dans cette scène, la mariée est absente, le marié a été incapable de prévoir la quantité de vin nécessaire. Les serviteurs qui ont obéi à l’injonction de Marie savent bien – contrairement au maître de cérémonie-  l’origine de ce très bon vin. Et les disciples de Jésus, au vu du signe, crurent en lui.
La scène de Cana est importante puisqu’elle est le premier des signes par lesquels Jésus veut se faire reconnaître.
Marie intervient dans cette scène, et sera également présente au pied de la Croix. .
La réponse de Jésus à sa mère qui vient de lui faire remarquer qu’il n’y a plus de vin a de quoi étonner. « Que me veux-tu femme? Mon heure n’est pas encore venue. » Cette réponse de Jésus est une mise à distance respectueuse, mais nécessaire. Marie est appelée à dépasser le rôle maternel pour devenir disciple. Elle est la première des disciples de Jésus, et sera l’intermédiaire entre son fils et ceux qui l’entourent. Elle s’est mise à l’écoute de son fils, et elle le présente comme celui qu’il faut écouter. « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Une recommandation précieuse.
Une phrase analogue se trouve dans l’Ancien Testament; elle est prononcée par Pharaon alors que le pays d’Égypte souffre de la faim; il invite les gens qui réclament à manger: « Allez à Joseph et faites tout ce qu’il vous dira.« .
Comme Joseph, Jésus est celui qui prend soin de son peuple et qui le fait passer de la pénurie à la surabondance. Effectivement, 600 litres de vin représentent une très grande quantité; et devant ce chiffre important, un Père de l’Église s’était inquiété de savoir s’ils avaient tout bu. La réponse « non, ils n’ont pas tout bu, et nous en buvons encore » fait de nous des participants à la fête éternelle.
À Cana, Marie devenue la première disciple de Jésus s’est faite obéissante ; Elle va entraîner la nouvelle communauté à l’imiter pour suivre Jésus. Marie permet  à Jésus d’apparaître dans son identité de Messie.
Lourdes 2018
Un pèlerinage est une occasion de faire un retour aux sources. Bernadette a accueilli la lumière jaillie du fond d’un trou du rocher. Dans le silence, Bernadette a entendu la Parole d’amour du Dieu créateur et sauveur.
Bernadette ne s’impose pas. Elle nous invite à partager l’essentiel qui est invisible pour les yeux, et qu’on ne voit bien qu’avec le cœur.
Marie a demandé à Bernadette: « Voulez -vous me faire la grâce de venir ici? »
Et Bernadette s’est mise en route accompagnée par Marie. Et elle a creusé la terre, acceptant librement de servir, jusqu’à ce que jaillisse une source « pour les pécheurs ».
Alors que Marie, à la Grotte, dévoile son nom, Bernadette à son tour devient porteuse de lumière et elle est envoyée aux prêtres pour qu’on bâtisse une chapelle où sera offert le pain de vie.
Soyons à l’écoute du message de Lourdes, qui n’est autre que la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres, et qui leur est confiée.
Quelques pistes de réflexion
Quelle est pour moi la promesse de Dieu?
Quels choix me sont proposés?
Quelle parole dois-je transmettre aux prêtres?
Comment annoncer l’Évangile?
Comment prendre part à la construction de « la chapelle »?
Comment prendre ma place parmi les pauvres, les souffrants, à qui est confiée la Bonne Nouvelle de Jésus ?