Les vrais carêmes sont ceux qu’on ne choisit pas et celui-ci en est un !  
Confinement, inquiétudes pour les siens, pour soi-même et pour toute la société … Voilà en effet une véritable traversée du désert.  
Quoi faire pour que ce temps ne soit pas vide, une simple parenthèse à oublier dans l’attente de revenir ‘comme avant’ ? Comment le vivre ? Comment faire pour que ce confinement ne soit pas un repli égoïste et mortel ? Plus que jamais les autres seront encore notre salut.  
Par les autres, leurs appels, notre attention à eux, ce temps peut être l’expérience et l’invention d’une nouvelle fraternité. Ce temps est aussi celui d’un questionnement sur nous-mêmes, nos raisons de vivre et nos modes de vie. Oui, je crois vraiment que le confinement qui nous est imposé peut nous être bénéfique à nous-mêmes comme à la société. Ce ne sera pas alors du temps perdu ni une contrainte seulement subie. ‘Après’ ne sera plus jamais comme ‘avant’, c’est ce que j’espère. 
C’est bien cet avenir nouveau qu’il nous faut préparer en nous débarrassant des scories qui nous encombrent et qui ont tant contribué à abîmer aussi bien la nature que les relations humaines. Voilà quelques pensées que me suggère ce carême inédit. Pour une fois, c’est l’humanité toute entière qui doit faire face au même danger, comme dans l’histoire du déluge ! Mais déjà nous voyons plein de ‘Noé’ à l’œuvre pour nous sauver. C’est une source d’espérance que je partage avec vous, avec tout le groupe Jérôme. Que ce confinement nous rapproche tous les uns des autres.
Père Jean L’Hour.